Date de sortie : Mardi 6 mars 2007
Label : Polyvinyl
Album : The days and nights of everything anywhere
Groupe : 31 knots
Genre : Indé(finissable)
A rapprocher de : Fugazi/ Helmet/ Don Caballero/ Arcade Fire
1 – Beauty
2- Sanctify
3- Savage Boutique
4- Man Become Me
5- The Salted Tongue
6- Hit list shakes (the inconvenience of you)
7- Everything in letters
8- The days and nights of lust and presumption
9- Imitation flesh
10 – Pulse of a decimal
11 – Walk with caution
Qu'est-ce qu'un prodige musical ? Chaque année, des milliers de groupes pondent des manifestes rock, au sens le plus large. Combien réussissent à apporter leur pierre à l'édifice ? Très peu.
31 knots fait, comparativement, partie de l'élite.
En 2005, le terrible
Talk Like Blood avait du laisser pas mal de musicophiles sur les fesses, et pas mal de musiciens sur le carreau. La paire rythmique des deux Jay, Pellicci à la batterie et Winebrenner à la basse, est peut être l'une des plus époustouflantes qui soit. Fluide, elle se module à l'infini pour des résultats toujours réjouissants. Carrée ou endiablée, finaude ou irresistible... Mais la vraie tête pensante est Joe Haege. C'est bien simple l'homme fait tout : il compose, s'occupe du chant, joue divinement de la guitare, s'en sort plutôt pas mal au piano, sample et trouve encore le temps de sortir le chien... bref. Un prodige, je vous dis.
Si la qualité technique du groupe n'est plus à démontrer, on pouvait craindre un essoufflement au niveau de l'inspiration ; toutes les sources ne sont pas intarissables. Quoique celle là semble me démentir... Après le math-rock fou de
Don Caballero couplé au heavy rock efficace d'un
Helmet, le groupe s'attaque à un nouveau terrain. Certes, les manifestes rock sont encore là (
Man Become Me en est un bel exemple) mais le groupe semble se lasser de la formule. Et lui préfère un mélange pop expérimentalo-éléctronique... Se renouveler sans cesse et sans se trahir, une preuve de génie ?
Le piano, toujours présent, est ressorti avec plus d'insistance sur
Beauty, le psychédélique
Sanctify ou l'émouvant
Pulse of a decimal. Mais le groupe sort l'artillerie lourde, enrichit encore sa panoplie, comme l'attestent les cuivres ska de
Savage Boutique ou le xylophone de
Everything in letters. Alors on pourrait reprocher à
31 knots de perdre en homogénéité. De faire de son album un grand fourre-tout. Mais l'esprit pointilleux de Haege ne laisse rien au hasard : sur des structures pop classiques, l'auteur pose sa patte grâce à un songwriting reconnaissable entre mille. Signe des grands.
Toutefois, à vouloir trop expérimenter, le groupe rend malheureusement le tout un peu trop indigeste : on pense à l'intro un peu longue de
Everything in letters et aux mitigés
Hit List Shakes et
Walk with Caution.
The days and nights of everything anywhere enterine avec éclat, quoiqu'il en soit, une nouvelle certitude : la scène rock peut désormais compter sur Haege et ses complices pour figurer au panthéon de ceux que l'on appelle prodiges.
Note de l'album : 8/10